La guerre des talents, un enjeu clé pour les dirigeants africains

27/08/2014

Les économies du continent africain se sont métamorphosées depuis la décennie 80. L’Afrique apparaît aujourd’hui comme « l’ultime frontière »  à conquérir et les taux de croissance affichés par nombre de pays suscitent un appétit soutenu des investisseurs.

Pour des raisons historiques, certains pays sont confrontés dans leur développement à une véritable pénurie de cadres intermédiaires et supérieurs, notamment d’ingénieurs et de cadres financiers. Car de nombreux Africains formés à l’étranger ne reviennent pas dans leur pays d’origine, et les systèmes scolaires locaux se chargent plutôt de former les agents de maîtrise indispensables au fonctionnement des entreprises.

Il n’est guère étonnant dans ce contexte que 31% des dirigeants africains interrogés pour la dernière édition de notre étude annuelle « Africa Business Agenda » aient cité le capital humain parmi leurs trois premières priorités d’investissement pour 2014 et que 75% déclarent que le manque de compétences clés menace leur croissance.

Dans ce contexte, attirer et fidéliser les meilleurs éléments n’est pas seulement un atout - c’est une nécessité vitale. Recruter les meilleurs ne sert à rien si on n’arrive pas à les garder.

Pour ce faire, les entreprises mettent en place plusieurs dispositifs :

  • D’abord, des programmes de gestion des talents sur le long-terme, en phase avec leurs priorités de croissance. Les cadres, et notamment les hauts potentiels, se voient proposer des plans de carrière structurés, qui renforcent l’engagement de ces collaborateurs clés pour l’entreprise.
  • Ensuite, des niveaux de rémunération alignés avec les principaux concurrents. Outre les aspects classiques relatifs à la part fixe et variable du salaire, la politique sociale de l’entreprise (mutuelle, avantages annexes) est également un facteur de différenciation.
  • Enfin, des programmes de formation, initiale ou continue. Certains groupes ont même créé leur propre business school pour répondre aux besoins de leur secteur d’activité. D’autres multiplient les partenariats avec des institutions prestigieuses et financent dans certains cas des programmes d’executive MBA pour leurs cadres les plus prometteurs.

Oui, la guerre des talents est bien une réalité sur le continent. Une réalité devenue un enjeu de dirigeants, et pas seulement de DRH. Comme dans toute guerre, il y aura des gagnants et des perdants. Gageons néanmoins que les entreprises qui auront su s’imposer profiteront au mieux des opportunités fabuleuses du renouveau africain.

Edouard Messou | Territory Senior Partner, PwC Afrique francophone sub-saharienne
Profil | Email | +225 20 31 54 12

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